
- On peut adopter toute l'année... - SPA.
La France détient le record du nombre d’animaux domestiques avec 47 millions de chats et de chiens, soit plus d’un compagnon à quatre pattes pour deux habitants ! Mais n’allez surtout pas croire que nous sommes plus généreux que nos voisins : dans le même temps, notre pays décroche la médaille peu enviable de championne d’Europe des abandons, avec 100 000 cas recensés chaque année dont 60 000 pendant l’été. La Journée mondiale des animaux – fixée le 4 octobre, jour de la fête de Saint François d'Assise réputé pour son amour des bêtes – est l’occasion de se pencher sur le sort souvent réservé à nos animaux.
Expulsion, perte d’emploi
Rien que dans les 56 refuges de la Société Protectrice des Animaux, (SPA) l’association a enregistré 32 195 entrées en 2006 et 36 110 en 2007, un chiffre qui ne cesse de croître. Au-delà des comportements irresponsables, les raisons sont le plus souvent d’ordre matériel : manque d’argent, expulsions, pertes d’emploi conduisent parfois les maîtres, la mort dans l’âme, à venir confier leur animal à un refuge.
Pourtant, le phénomène estival qui consiste à abandonner son animal pour partir en vacances est bien réel : « De juillet à août, nous avons enregistré 136 abandons de chiens. Quant aux chats, la SPA de l'Isle-sur-la-Sorgue en a accueilli 310 en trois mois », témoigne Bernard Thomas, président de la SPA du Vaucluse dans le quotidien La Provence.
Même phénomène en Ile-de-France et dans tout le pays : cet été, les abandons n'ont pas cessé. A titre d'exemple, dans les Yvelines, près de 500 chiens et 300 chats ont été accueillis dans les trois refuges ; en Seine-et-Marne, 150 chiens et plus d'une centaine de chats ; à Rennes, 150 chiens et 120 chats ; à Gennevilliers, 310 chiens et 200 chats...
Deux jours pour adopter
« Nous pourrions ainsi égrener la liste de nos 56 refuges », expliquent les responsables sur le site de la SPA. « Nos chiens et nos chats (47 000 en permanence !) vivent parfois très mal la promiscuité et la surpopulation car, ne nous voilons pas la face, les murs de nos refuges ne sont pas élastiques. » Les 2 et 3 octobre, se tiennent dans toute la France les journées portes ouvertes de la SPA , d'où cet appel pressant de l'association : «Soyez nombreux à venir « vous » faire adopter dans le refuge le plus proche de votre domicile ! »
Mais attention à cette recommandation de Bernard Thomas: « Avant de prendre un animal de compagnie, les propriétaires doivent bien réfléchir. C'est un véritable engagement ! » Pour toute adoption, il y a d'ailleurs une procédure à suivre : il convient de prévoir un justificatif de domicile et une pièce d'identité. Une participation financière sera demandée. A titre indicatif, pour un chien elle sera de 150 € et pour un chat : 80 €, un prix qui comprend le tatouage, la primo-vaccination et la stérilisation.
Maupassant ami des animaux
La SPA a été créée e 1845 par Etienne Pariset, un médecin qui s'est intéressé de près à la protection des chevaux. Au fil des années, l’association a grandi et a élargi son champ d'action à la défense de tous les animaux. Des intellectuels comme Victor Hugo ou Guy de Maupassant ont rendu ce combat populaire. En 1903, le premier refuge a ouvert à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine. Après la Deuxième Guerre mondiale, en 1948, l’association a créé une section de « jeunes » pour éduquer ces derniers au respect des animaux. Aujourd'hui forte de centaines d’enfants et d’adolescents âgés de 8 à 18 ans, elle est agréée par le ministère de l’Education nationale.
En 1976, la présidente Jacqueline Thôme-Patenôtre a fait voter par l'Assemblée Nationale la charte de l'animal (Code rural Art. L 214-1) : « Tout animal, étant un être sensible, doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce… » A partir de 1982, la SPA s'est engagée dans de grandes campagnes médiatiques, notamment pour lutter contre la chasse à courre puis la vivisection.
Un article dans le Code pénal
En 1992, devant le nombre croissant des trafics de chiens, la SPA a créé une cellule spécialisée qui a abouti au démantèlement d'un trafic d'animaux de laboratoire à Toulouse. Parmi la vingtaine de personnes interpellées, un professeur. Toutes ont condamnées -à des peines symboliques- lors du retentissant « procès d'Agen ».
Le 1er mars 1994 le travail de la SPA se traduit dans le nouveau Code pénal : les actes de cruauté sur les animaux sont désormais punis de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende et les mauvais traitements sont passibles d'une amende allant de 457 € et 762 €.
Depuis les années 2000, la SPA a ouvert une dizaine de dispensaires pour soigner les animaux quand leurs maîtres ont des ressources trop faibles pour se rendre chez le vétérinaire. Plus de 2000 bénévoles s’occupent de 56 centres en France. L'Association n'a de cesse, désormais, de lutter contre le trafic d'animaux, la chasse aux phoques, le commerce de la fourrure, et de favoriser les adoptions.
